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  • : Le blog de Luestan
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27 juillet 2016 3 27 /07 /juillet /2016 16:00

L’hypothèse d’un Dieu tout puissant et infiniment bon créateur du monde est incompatible avec l’observation d’un monde méchant. Donc un tel Dieu n’existe pas.

Si l’univers est tout ce qui existe, dire que Dieu existe revient à dire que Dieu est dans l’univers ou bien est l’univers. Si l’on veut que Dieu soit hors de l’univers, il faut accepter que Dieu n’existe pas.

Tout ce qui existe est soumis au temps, existe dans le temps. Si l’on veut que Dieu soit hors du temps, qu’il soit éternel, il faut admettre qu’il n’existe pas.

Ceux qui ont la plus haute conception de l’hypothèse « Dieu » sont ceux qui ne se satisfont pas de son existence.

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4 avril 2016 1 04 /04 /avril /2016 14:06

“Vivo sin vivir en mi”

Tout ce que je vis

Dès que je le vis

Je l’engrange

Tout en montant vers de nouveaux greniers

Sans jamais habiter dans mes anciens greniers.

“Vivo sin vivir en mi”

Tous mes anciens greniers au loin s’enfoncent

Les voici devenus mes très profondes caves

Dans un univers qui avec moi monte

Monte vers ses futurs greniers.

“Vivo sin vivir en mi”

Published by Luestan - dans Vers mi sel
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6 mars 2016 7 06 /03 /mars /2016 11:22

« Qui veut faire l’ange fait la bête »

(Pascal)

Certes, l’homme n’est ni ange, ni bête.

Mais alors, qu’est-il, et où est-il ? Entre les deux ?

Plus près de l’ange, ou plus près de la bête ?

Mais n’oublions pas qu’il est une bête bipède.

Il s’est redressé pour voir un peu plus loin que ses pieds.

Donc il veut aller quelque part.

Et plutôt que « Où est-il ? », la bonne question est « Où va-t-il ? »

Car on sait d’où il vient. De la bête, justement.

De la bête bien réelle dont il est sorti et s’éloigne à grands pas,

Tout en la traînant encore à ses basques.

Alors, où va-t-il ? Eh bien, vers l’ange par conséquent,

Vers lequel de tout son désir il tend,

Sans pouvoir cependant l’atteindre.

Car l’ange, lui, n’est pas réel, mais virtuel.

C’est bien pourquoi l’homme ne peut pas « faire » l’ange,

Alors qu’il fait très bien la bête.

Mais tout en faisant la bête, c’est vers l’ange qu’il tend,

Depuis ses commencements, et tendra toujours,

S’il ne veut pas « être » une bête.

Mystique :

« Sur la pente du talus les anges tournent leurs robes

De laine dans les herbages d’acier et d’émeraude »

(A. Rimbaud, Illuminations)

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29 octobre 2015 4 29 /10 /octobre /2015 09:45

Commençons donc par l’inévitable cogito, ergo sum. Mais en précisant que la saisie du sujet par lui-même comme pensant est de facto aussi la saisie de lui-même comme objet pensé.

Nous voici donc face à l’univers des objets pensés, pour lequel il nous faut prudemment nous en tenir au niveau de la physique classique, à l’écart du terrifiant monde quantique des ondes particules plus ou moins élémentaires.

Nous définirons donc un objet pensé de l’univers comme la source de phénomènes perceptuels concordants et durables. « Perceptuels » est évidemment préférable à « sensoriels ». Il y vient un certain accord des sens, avec prépondérance de la vue et du toucher. Il y convient aussi une relative continuité des phénomènes perceptuels, sans modifications trop fortes. On doit pouvoir ainsi éliminer fantasmes, mirages et hallucinations, mais aussi le fulgurant éclair.

Parmi les objets de l’univers, on distingue les objets inanimés, qui sont la norme, et les objets animés, qui sont une exception d’apparition tardive sur l’infime planète terre. Comment les différencier ? Au début de son livre Le hasard et la nécessité, jacques Monod imagine un savant extraterrestre cherchant à définir des critères qui soient utilisables par un ordinateur. Il en trouve plusieurs, mais qui sont nécessaires conjointement pour distinguer les objets animés d’objets inanimés qui partagent certaines de leurs caractéristiques. Les objets animés ont une structure répétitive, mais les cristaux et les artefacts aussi. Cette structure pour les objets animés, comme pour les cristaux, est à déterminisme interne et à reproduction invariante. Enfin, pour les objets animés, mais aussi pour les artefacts, elle est fonctionnelle, c’est-à-dire téléonomique, répondant à un projet…

Peut-on cependant trouver un critère unique distinguant à lui seul les objets animés de tous les objets inanimés, y compris cristaux et artefacts ? Il en est un pour lequel il faut prendre en compte non seulement la structure de l’objet observé, mais aussi son environnement spatial et temporel. Un objet animé en effet ne peut durer comme tel sans un environnement qu’il utilise. Un objet animé ne se suffit pas à lui-même, c’est un objet insuffisant. De la bactérie à l’être humain, aucun être animé ne peut se permettre la splendide indifférence du caillou. Être animé, c’est donc commercer avec ce qui est autour. Et ce commerce est fondamentalement déséquilibré : c’est l’objet animé qui en profite, l’entourage ne fait qu’en pâtir, n’en déplaise aux ayatollahs de l’écologie. Grâce à quoi il n’y a pas d’entropie dans un objet animé, ce qui est une exception ponctuelle au second principe de la thermodynamique.

Partant de ce principe d’un entourage asservi, on peut distinguer plusieurs espèces d’objets animés. Certains n’asservissent à leur profit que des objets inanimés, gaz, liquides, minéraux : ce sont les végétaux. D’autres asservissent aussi des objets animés : ce sont les animaux. Parmi ces derniers, certains n’asservissent que des végétaux : ce sont les végétariens. D’autres, les carnivores, asservissent des animaux. Mais il y a aussi des omnivores.

Enfin, parmi les animaux omnivores, il est une espèce étrange qui ne se satisfait pas d’asservir en toute quiétude ce dont elle a besoin. Les autres espèces n’ont pas de conscience : elles pillent leur entourage, mais le font naturellement, sans le savoir, en toute innocence. L’espèce pourvue d’un cogito, l’espèce humaine, sait qu’elle est une espèce prédatrice. Et elle sait qu’elle pille parce qu’elle ne se suffit pas à elle-même. Elle voudrait bien ne pas piller, mais par ailleurs elle se sait insuffisante. C’est pourquoi elle est l’espèce des objets animés malheureux.

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16 septembre 2015 3 16 /09 /septembre /2015 10:56

Voici trois conseils qu'en toute humilité je donnerais volontiers à un philosophe très médiatique;

1. Parler moins de soi et moins faire le mariole...

2. Méditer Boèce, en particulier la Consolation de la philosophie, tome V.

3. Explorer ou prendre sérieusement en considération le perdurantisme, mais sans l'associer à l'éternalisme, comme on fait souvent, plutôt à la théorie de l'univers bloc croissant.

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20 juin 2015 6 20 /06 /juin /2015 09:13

Le big-bang est né du retrait de Dieu

Le retrait de Dieu a créé un vide

L'univers grandit du vide de Dieu

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9 avril 2015 4 09 /04 /avril /2015 18:26

Frères humains, mes dissemblables,

Je vous enseignerai un nouvel évangile.

Un évangile qui ne ment pas.

Entre l’inepte crédulité des uns

Et le nihilisme désespéré des autres,

Il est une troisième voie :

Vivre, c’est souffrir et mourir,

Mais c’est par-dessus tout venir à l’être.

Et le bonheur est possible.

Car l’être a quatre dimensions.

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24 mars 2015 2 24 /03 /mars /2015 17:33

Dans la troisième partie de Ainsi parlait Zarathoustra, dans le chapitre intitulé « Le convalescent », Zarathoustra, saisi par une « pensée d’abîme » (abgründlicher Gedanke), tombe en catalepsie pendant sept jours. À son réveil, ses animaux le saluent comme « le maître du retour éternel » (du bist der Lehrer der ewige Wiederkunft).

Bien qu’il soit moins connu du grand public que le thème du « surhomme », le thème du « retour éternel » est au moins aussi important dans la pensée de Nietzsche. Mais je le crois aussi mal compris que celui du « surhomme ». La pensée de Nietzsche semble être condamnée aux contresens.

La pensée du retour éternel, en particulier, a été polluée par le rapprochement qui est généralement fait avec l’idée d’un temps cyclique que l’on trouve dans les pensées grecque et orientale. Il est vrai que cette vieille idée avait été familière à Nietzsche dès avant la révélation de 1881, et qu’elle put servir de ferment. Mais il est clair aussi que Zarathoustra ne serait pas le maître du retour éternel, s’il s’agissait toujours de la même idée. Pour devenir une « pensée d’abîme », elle a du subir une mutation totale.

C’est en effet un véritable renversement qui substitue l’affirmation d’une volonté libre et créatrice à ce qui était une conception totalement déterministe. Ce qui revient éternellement est aussi ce qu’on a voulu, ce qu’on veut, ce qu’on voudra. Ce qui revient est donc aussi un jaillissement premier. C’est dire que la pensée nietzschéenne du retour éternel veut concilier deux idées inconciliables, celle du retour et celle de l’inédit.

Il me semble que la solution de cet illogisme repose dans le mot « éternel ». Mais il faut pour cela une révolution copernicienne qui fasse abandonner la conception triviale de l’éternité : ne plus voir l’éternité comme durée infinie, mais comme absence de durée : non ce qui dure et se répète sans fin, mais ce qui se donne tout entier hors de toute durée.

Le retour éternel est dès lors un retour hors du temps, dans l’éternité, de ce qui a été, est et sera vécu dans la durée. Ce retour n’est pas une répétition, mais une retrouvaille. Il n’ajoute pas du temps au temps. Le temps n’y est plus ce qu’il est pour nous, un déroulement, il y est déroulé, déployé, spatialisé. Ce temps ne fuit plus, c’est un « temps retrouvé ». Ainsi déployée, notre vie certes est limitée, mais elle est éternelle.

Mais pour que notre vie puisse être retrouvée déployée, il faut la vivre comme un déploiement. Pour cela il faut que l’humain devienne « surhumain », c’est-à-dire qu’il ne contente pas de ce qu’il est, qu’il ne soit pas sédentaire, mais en voyage, nomade. Le surhumain n’est pas un humain supérieur, il est en mouvement, plus « transhumain » ou « transhumant » que « surhumain ». Son antithèse d’ailleurs est « le dernier homme », qui se définit par son contentement de soi, par son immobilisme, son absence d’espace.

On comprend que Nietzsche ait eu besoin de la poésie pour faire passer un tel message, cette « pensée d’abîme », à la limite de l’illogisme. On comprend aussi que Zarathoustra soit présenté comme un perpétuel incompris, un mal compris. Mais je crois que ce qui était visionnaire et presque incompréhensible au XIXe siècle est plus aisé à comprendre aujourd’hui.

La pensée du retour éternel est en effet devenue pour nous plus accessible à la lumière de la théorie de la relativité générale. Dans un espace-temps, super-univers à quatre dimensions où le temps est spatialisé, notre passé perdu est retrouvé en éternel. Aujourd’hui une lumineuse épure géométrique hors de tout imaginaire peut remplacer les obscures fulgurances de la poésie mythique de Nietzsche.

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17 mars 2015 2 17 /03 /mars /2015 09:57

Tant que nous sommes en vie, nous fuyons dans un présent qui ne cesse de mourir et de renaître. Tant que nous sommes en vie, nous sommes nomades, de passage de présent en présent, voyageurs temporels et éphémères. La plus grande erreur est de vouloir s’accrocher, faire comme si nous étions arrivés. C’est l’erreur des « derniers hommes » (die letzten Menschen). Être véritablement homme, c’est vouloir continuer, c’est s’arracher volontairement au présent qui fuit, c’est cela être « surhumain » (Übermensch).

Mais quand nous sommes morts, nous logeons à demeure dans ce qui fut nos présents successifs et qui est devenu notre passé. Quand nous sommes morts, nous sommes installés dans notre éternité. Voilà le véridique « retour éternel » (die ewige Wiederkunft).

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27 février 2015 5 27 /02 /février /2015 20:28

Tous nous nous prenons pour des joueurs

Certains même se croient bons joueurs

La plupart se savent piètres joueurs

Mais nous sommes tous des joueurs

Qui en fin de partie meurent.

Ah comme il vaudrait mieux considérer

Que nous jouons bien peu et sommes joués

Mais que nos parties sont enregistrées.

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